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Chapitre 4

Lundi 11 mai 2009

John Williams, shérif  respecté de son état, se tenait fier et serein devant la scène que ses yeux voulaient bien lui laisser paraitre. A quoi pouvait bien penser cet homme dans le plus profond de son subconscient ? Il restait là, plongé à des milles, dans ses pensées. S’est son adjoint qui le ramena à la dure réalité de l’effroyable horreur qui venait de se produire. A quelques pas de lui, il s’avait déjà ce qu’il allait trouver dans la chambre 23 de ce motel de passes isolé, planté là, au beau milieu du désert du Nevada. Ce n’était pas la première fois qu’il retrouvait des prostituées rouées de coups et laissées sans vie par on ne sait quel malade de passage qui n’avait pas été satisfait de la prestation ou encore, des junkies qui s’étaient entretués pour avoir une dose de n’importe qu’elle saloperie à la mode, qui leur pourrissait les neurones, un par un et détraquait leurs cellules grises jusqu’à ce qu’il se déconnecte totalement de la civilisation moderne. Celle là même, qui avait engendré toute la chaine, de cette machinerie contemporaine, libératrice et destructrice à la fois, qui offrait à toutes les personnes en manque d’attention et d’amour, un plaisir qui n’avait pas de prix et qui envoyait après consommation, une vision toujours plus belle, toujours plus idéaliste, mais aveuglement, toujours plus meurtrière. 

Au seuil de la porte, on pouvait déjà sentir les reflux du sang qui stagnait abondamment dans la baignoire de la minuscule chambre. Le corps, avait été découvert par la femme de ménage, un peu moins d’une heure au par avant. Les lits jumeaux n’avaient pas été défaits et aucune trace de lutte n’était jusqu’alors, remarquable. C’était un simple suicide, comme le shérif williams et son équipe en avait, bien trop souvent l’habitude. L’ambulance arrivée juste avant les services de police, avait déjà fait son travail et était partie pour l’hôpital le plus proche, mais pour cet inconnu, sans papiers d’identité, le sort en était quasiment jeté.

 

Pour elle, encore un matin, encore un automatisme bien huilé jusque à la fin de son service qui se terminerait douze heures plus tard, les pieds en compote, la tête vidée par les sarcasmes de clients pervers qu’elle aurait supporté toute la journée.