Chapitre 1

Il marche seul, sur cette route déserte, tracée de bandes jaunes au milieu, garnies de quelques touffes d’herbes et de poteaux permettant à l’électricité de rejoindre les grandes villes aux cantons les plus éloignés.
Lévad, ne sait pas trop pourquoi il marche, mais ça lui fait du bien, un ressourcement intérieur quand on à le cœur dans les talons ne peut faire que du bien de toute façon.
Malgré la maladie, son voyage à la recherche de douceur dans ce monde de brut est loin d’être fini.
Il trace sa destinée a coup de pelles et d’ambitions, des désirs par centaines et juste ce qu’il faut d’hésitation.
Il a peur, il a froid, il sent la fin approcher, la grande faucheuse, ne va pas tarder c’est sûr, mais il continue à avancer, il à la volonté de réussir et de se dire que tant qu’il n’aura pas trouvé l’amour il ne peut pas partir.
Il est déjà 18h04 sur l’horloge de son existence, plus que quelques heures à vivre mais il est sûr qu’il ne regrettera pas ses actes.
Ce n’est certainement pas par bravoure qu’il veut accomplir cela, c’est juste une volonté qu’il avait promis autrefois.
Dans sa tête les pensées se bousculent, les mots sont désarticulés et les idées complètement insensées, mais ça ne l’empêche pas de continuer à marcher.

Elle est serveuse dans un resto routier, au bord de la nationale 5, quelque part entre Redding et Sacramento en Californie.
Sa vie se limite à la découverte de nouvelles têtes à chaque fois que la clochette de la porte se lance dans cette danse sonore interminable qui la fait rêver et l’emmène en aller simple à la Basilica Santa Maria Del Fiore de Florence.
Aava, du haut de ses 22 ans, n’a eu aucun mal à trouver sa place dans ce lieu de passage où la vie fait croire à l’ambiance de Bagdad Café, car oui, amatrice de projections cinématographiques, elle aime les films comme ça.
Seule, solitaire, elle supporte sans trop de mal son patron qui à la fâcheuse tendance de déformer son prénom et sa femme, toujours assise derrière la caisse enregistreuse à se limer les ongles et à fumer ses Marlboro.
En attente éternelle du prince charmant, elle se laisse penser qu’un jour, un homme doté d’une classe à l’italienne avec le charme d’un espagnol ténébreux et la prestance d’un gentleman anglais viendra l’enlevé de cette situation à la limite du supportable, pour une existence de rêve dans une propriété ou faune et flore se mélangeraient avec subtilité, mais le rappel à l’ordre d’un camionneur peu respectueux, en attente de son café la ramène, malheureusement, bien trop souvent à la réalité.

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